5 métiers créés par l’IA en 2026

L’intelligence artificielle transforme en profondeur le monde du travail. Loin de se limiter à la suppression d’emplois, elle donne aussi naissance à de nouveaux métiers, jusqu’ici inexistants. Dans son article publié sur le JDN, Guillaume Renouard dresse un panorama de cinq professions directement créées par l’essor de l’IA. Pour les professionnels, il s’agit à la fois d’opportunités inédites et de défis en matière de compétences et d’organisation. Découvrons concrètement ces cinq métiers et leur impact sur les entreprises.

Prompt engineer : l’art de dialoguer efficacement avec l’IA

Un nouveau rôle charnière

Le métier de prompt engineer est sans doute l’un des plus emblématiques de l’ère de l’intelligence artificielle générative. Le prompt engineer élabore les instructions, ou prompts, adressées aux IA telles que ChatGPT ou MidJourney, afin d’obtenir les résultats les plus précis et pertinents possible.

Des compétences transverses

Concrètement, ce professionnel doit maîtriser la logique, la formulation linguistique et comprendre parfaitement le fonctionnement des IA génératives. Il collabore avec des équipes produit, marketing ou développement pour concevoir des prompts sur mesure, adaptés à chaque besoin métier : génération de contenus, création d’images, optimisation de scripts, etc.

Application en entreprise

L’exemple d’un e-commerçant illustre le rôle-clé du prompt engineer : il peut concevoir des instructions permettant à l’IA de générer des fiches produits uniques ou de rédiger automatiquement des newsletters personnalisées. Les grandes plateformes technologiques, mais aussi des PME, recrutent aujourd’hui ces profils pour tirer le meilleur parti de la puissance des IA génératives.

IA ethicist : garantir l’éthique et la responsabilité des algorithmes

Un gardien des usages responsables

Face à l’impact croissant de l’IA dans la société, le métier d’IA ethicist – ou éthicien de l’intelligence artificielle – s’impose. Il s’agit de veiller à ce que les solutions mises en place respectent à la fois la réglementation et les principes éthiques fondamentaux : lutte contre les biais, respect de la vie privée, transparence des décisions automatisées.

Missions concrètes

L’IA ethicist analyse les risques liés aux algorithmes, rédige des chartes éthiques et forme les équipes techniques et métiers à adopter les bonnes pratiques. Il intervient en amont des projets (audits de conformité) mais aussi lors de leur mise en production pour assurer un suivi continu.

Secteurs concernés

Banques, assurances, ressources humaines et santé sont particulièrement concernés. Par exemple, un éthicien IA dans une entreprise de recrutement veille à l’équité des process automatisés de sélection des candidats en limitant l’introduction de biais discriminatoires.

Responsable de la gouvernance des données (Data Governance Manager)

Piloter la donnée à l’heure de l’IA

Le développement de l’intelligence artificielle remet la donnée au centre des stratégies d’entreprise. Le responsable de la gouvernance des données s’assure que les données collectées et utilisées par les IA sont fiables, sécurisées et conformes aux législations (comme le RGPD).

Des missions stratégiques

Il définit et fait appliquer des politiques de gestion, d’accès, de qualité et de protection des données. Il établit des protocoles, sensibilise les collaborateurs et surveille en permanence l’intégrité du patrimoine data de l’entreprise.

Cas d’usage

Dans une grande chaîne de distribution, le data governance manager orchestre la transparence entre les différents services pour que l’IA analysant le comportement client s’appuie sur des données homogènes et actualisées, tout en garantissant la protection des informations personnelles.

Formateur IA : accompagner la montée en compétence des équipes

Une nouvelle expertise pédagogique

L’introduction massive de l’IA oblige les entreprises à faire évoluer les compétences internes. Le formateur IA conçoit et anime des sessions de formation pour familiariser les professionnels aux nouveaux outils, aux usages sécurisés et aux bonnes pratiques dans l’interaction avec les systèmes d’intelligence artificielle.

Adaptabilité et pédagogie

Son rôle va de la vulgarisation des concepts clés à la simulation de cas concrets d’utilisation, en passant par l’organisation d’ateliers pratiques sur des outils comme MidJourney ou des chatbots d’entreprise. Ce métier réclame une parfaite connaissance de la technologie, alliée à de solides compétences pédagogiques.

Exemple en entreprise

Une société de services numériques peut faire appel à un formateur IA pour organiser des programmes d’upskilling, permettant à ses collaborateurs non techniques d’utiliser efficacement les assistants virtuels ou d’intégrer l’IA dans leur quotidien professionnel.

Détecteur de deepfakes : traquer les contenus manipulés par IA

Un métier au service de la véracité

Avec la prolifération des deepfakes – ces contenus, vidéos, images ou enregistrements sonores truqués par l’intelligence artificielle – un nouveau métier voit le jour : celui de détecteur de deepfakes. Ce professionnel développe ou exploite des technologies avancées capables de repérer automatiquement les falsifications.

Enjeux et responsabilités

Les détecteurs de deepfakes interviennent auprès des médias, des services juridiques ou même sur les réseaux sociaux pour garantir l’authenticité de l’information diffusée. Ils utilisent des logiciels d’analyse de la texture de l’image, des incohérences dans l’audio, ou encore des patterns de comportement numérique.

Application concrète

Dans le secteur bancaire ou pour l’État, ils participent à la sécurisation des processus de vérification d’identité numérique, en écartant les usurpations fondées sur des vidéos falsifiées. Ce métier demande une veille technologique constante et une expertise pointue en cybersécurité.

La révolution de l’intelligence artificielle ne se limite pas à transformer les métiers existants. Elle en génère de nouveaux, radicalement différents, exigeant des compétences hybrides et une capacité d’adaptation permanente. Les professionnels désireux de s’orienter vers ces nouvelles carrières doivent investir dans la compréhension des technologies IA, la maîtrise des données et le développement de soft skills telles que l’éthique, la pédagogie ou l’esprit critique. Pour les organisations, ces métiers offrent la clé d’une transformation réussie, pérenne et responsable face à l’essor des systèmes intelligents.

FAQ – Questions fréquentes sur les métiers créés par l’intelligence artificielle

  • Quels profils recrutent actuellement en tant que prompt engineers ?
    Les secteurs de la tech, du marketing digital, de l’e-commerce et de la création de contenus sont particulièrement actifs sur ces profils, souvent issus de formations en informatique, linguistique ou sciences cognitives.
  • Quel est le niveau d’études requis pour devenir IA ethicist ?
    Il s’agit souvent de profils juridiques, philosophes ou issus de sciences sociales, avec une formation complémentaire en data science ou en technologies numériques. Un diplôme de niveau Bac+5 est généralement exigé.
  • La gouvernance des données concerne-t-elle uniquement les grandes entreprises ?
    Non, toutes les structures traitant d’importants volumes de données ou souhaitant exploiter des solutions IA sont concernées, y compris les PME et même les start-up, face à des enjeux de conformité croissants.
  • Comment devenir formateur IA ?
    Il faut une double compétence technologique (maîtrise des outils IA) et pédagogique (expérience en animation de groupe ou certification en formation), ainsi qu’une curiosité pour les évolutions rapides du secteur.
  • Sur quels outils s’appuient les détecteurs de deepfakes ?
    Ils utilisent des plateformes d’analyse avancée du signal audio-vidéo, de l’intelligence artificielle spécialisée en détection de faux et des bases de données de contenus repérés comme falsifiés.
  • Ces nouveaux métiers sont-ils amenés à évoluer ?
    Oui, l’extrême rapidité d’évolution de l’IA contraint les professionnels à se former en continu, et certains de ces postes sont amenés à se spécialiser fortement ou à fusionner avec d’autres fonctions à moyen terme.