Indicateur 19 Qualiopi : mettre à disposition des ressources pédagogiques et en prouver l’appropriation

Indicateur 19 Qualiopi

L’indicateur 19 Qualiopi est l’un des plus faciles à sous-estimer. Sa formulation paraît simple : fournir des ressources pédagogiques aux bénéficiaires. En pratique, il contient deux obligations distinctes que beaucoup d’OF ne distinguent pas. La première, mettre à disposition, tout le monde la couvre. La seconde, permettre à l’apprenant de se les approprier, est celle que les dossiers préparent le moins bien. C’est pourtant sur ce second point que les auditeurs posent le plus de questions.

Ce que dit le guide de lecture Qualiopi sur l’indicateur 19

L’énoncé officiel : deux obligations dans une seule phrase

L’énoncé de l’I19 est le suivant : “Le prestataire met à disposition du bénéficiaire des ressources pédagogiques et permet à celui-ci de se les approprier.”

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Deux verbes, deux exigences. “Mettre à disposition” renvoie à l’existence et à l’accessibilité des ressources. “Permettre de se les approprier” renvoie aux dispositions actives que vous mettez en place pour que l’apprenant puisse réellement utiliser et intégrer ce que vous lui fournissez. Un drive partagé avec des fichiers PDF satisfait la première exigence. Il ne dit rien sur la seconde.

Le niveau attendu : cohérence, disponibilité, dispositions

Depuis la version 8 du guide de lecture Qualiopi (2023), le niveau attendu est formulé ainsi : démontrer que les ressources pédagogiques sont cohérentes avec les objectifs des prestations, sont disponibles, et que des dispositions sont mises en place afin de permettre aux bénéficiaires de se les approprier. À noter : la version 8 a supprimé la notion d'”actualisée” qui figurait dans les versions précédentes. Cela ne signifie pas que l’actualisation des supports n’est plus souhaitable, mais qu’elle n’est plus formulée comme exigence explicite au niveau attendu.

Trois critères ressortent de cet énoncé : la cohérence des ressources avec vos objectifs pédagogiques, leur disponibilité effective pour les bénéficiaires, et les modalités d’accompagnement à leur utilisation.

Un indicateur commun à toutes les catégories, avec des preuves différentes

L’I19 s’applique à toutes les catégories d’actions couvertes par votre certification, mais les preuves attendues varient selon la nature de la prestation. Ce que l’auditeur demande pour une action de formation continue n’est pas identique à ce qu’il vérifie pour un bilan de compétences ou une VAE.

Les ressources pédagogiques attendues : de quoi parle-t-on exactement

Pour les actions de formation et les CFA

Le guide de lecture Qualiopi mentionne explicitement : supports de cours et d’explicitation des compétences, vidéos, fiches pratiques, outils d’exploration du monde du travail et projections professionnelles, liste des ressources documentaires en lien avec les domaines ciblés (fiches RNCP, abonnements à des revues spécialisées, accès à un centre de ressources).

Ce qui compte, ce n’est pas le volume de ressources, c’est leur pertinence par rapport aux objectifs de chaque formation. Un catalogue de cinquante supports sans lien avec le programme de la session concernée est moins convaincant qu’une sélection documentée et justifiée.

Pour les personnes en situation de handicap, le guide de lecture prévoit des preuves spécifiques : modalités d’accès ou supports adaptés, et capitalisation des aménagements mis en oeuvre. Ces preuves s’articulent avec l’indicateur 26, mais leur absence au titre de l’I19 constitue un défaut distinct.

Pour le bilan de compétences

Les ressources attendues sont différentes dans leur nature. Le guide de lecture Qualiopi précise : espace documentaire ou outils dématérialisés ou plateforme pédagogique numérique, données socio-économiques relatives au projet professionnel, et modalités d’appui à l’exploration des hypothèses d’évolution professionnelle (supports, liste de personnes-ressources, ateliers).

Un CBC qui ne documente pas les outils d’exploration professionnelle utilisés et les modalités d’appui à la réflexion sur les hypothèses d’évolution s’expose à une non-conformité, même si les entretiens sont bien conduits.

Pour la VAE

Les ressources attendues portent principalement sur les supports d’explicitation des compétences : documents aidant le candidat à comprendre le référentiel visé, à formaliser ses acquis, et à préparer les étapes du parcours VAE.

Mettre à disposition : les preuves d’accès attendues

Modalités d’accès documentées

L’auditeur ne vérifie pas uniquement que des ressources existent dans votre système. Il vérifie que les bénéficiaires y ont accès de façon concrète et que vous pouvez le démontrer.

Les preuves attendues sur ce point couvrent : la description des modalités d’accès (plateforme LMS avec identifiants, espace de partage documentaire, remise physique de supports en début de session), la procédure communiquée aux apprenants pour accéder aux ressources, et les éventuelles modalités d’accès post-formation si vos programmes prévoient une consultation des supports au-delà de la session.

Documenter ces modalités dans le programme de formation ou dans le livret d’accueil apprenant est une façon simple de constituer cette preuve sans créer un document supplémentaire.

Cas particulier du distanciel : traçabilité de l’accompagnement

Pour les formations en tout ou partie à distance, l’article D.6313-3-1 du Code du travail impose une assistance technique et pédagogique appropriée pour accompagner le bénéficiaire dans le déroulement de son parcours. Cette exigence réglementaire s’intègre directement dans les preuves attendues pour l’I19.

Concrètement, cela signifie : une procédure d’assistance technique documentée (qui contacter, comment, dans quel délai), et une traçabilité de l’accompagnement pédagogique à distance sous forme d’échanges sur forum, emails de suivi, ou messages via la plateforme. Ces traces doivent être conservées et exportables pour l’audit.

Permettre l’appropriation : les preuves que personne ne constitue

La différence entre accès et appropriation

Déposer un support dans un espace partagé, c’est rendre une ressource accessible. Permettre l’appropriation, c’est autre chose : c’est s’assurer que l’apprenant comprend comment utiliser cette ressource, l’intègre dans son apprentissage et peut s’y référer de façon autonome.

La plupart des OF s’arrêtent à l’accès. Leur dossier montre que des supports existent et que les apprenants peuvent les télécharger. Ce que l’auditeur cherche en plus, ce sont des preuves que vous avez mis en place des dispositions actives pour faciliter cette appropriation.

Ce que l’auditeur cherche sur ce point

Le guide de lecture Qualiopi liste explicitement les modalités activées pour faciliter l’utilisation et l’appropriation : présentiel, à distance, espace partagé. Il mentionne aussi les modalités pour faciliter l’accès aux ressources numériques : tutoriels, assistance téléphonique.

En pratique, plusieurs éléments constituent des preuves solides d’appropriation.

Un tutoriel ou guide de prise en main remis aux apprenants au démarrage de la formation, même d’une page, montre que vous avez anticipé la question de l’utilisation des ressources.

Les questionnaires de satisfaction qui incluent une question sur la qualité et l’accessibilité des supports constituent une preuve indirecte mais réelle : si vos apprenants évaluent positivement les ressources, c’est qu’ils ont pu les utiliser. Conserver ces réponses et les présenter à l’auditeur renforce le dossier.

Les échanges pédagogiques tracés, que ce soit via un forum LMS, des emails de suivi ou des annotations sur des documents partagés, montrent une interaction concrète autour des ressources. C’est la différence entre un dossier statique et un dossier qui prouve la vie pédagogique de votre OF.

Pour les formations en présentiel, une simple séquence de prise en main des supports en début de session, mentionnée dans le déroulé pédagogique ou le compte-rendu de session, constitue une preuve directe que l’appropriation a été facilitée.

Cas des nouveaux entrants : ce que prévoit le guide de lecture

Les OF qui se certifient sans avoir encore réalisé de sessions complètes bénéficient d’un régime spécifique sur l’I19. Le guide de lecture Qualiopi prévoit explicitement : démontrer que les ressources pédagogiques sont prévues et que des dispositions seront mises en place afin de permettre aux bénéficiaires de se les approprier. La mise en oeuvre sera auditée lors de l’audit de surveillance.

Concrètement, un nouveau entrant doit présenter ses ressources en l’état (supports préparés, accès LMS configuré, procédures d’accompagnement rédigées) sans pouvoir fournir de preuves d’utilisation réelle. C’est acceptable lors de l’audit initial. En revanche, l’audit de surveillance sera le moment de vérifier que ces dispositions ont effectivement été mises en oeuvre. Un OF qui obtient sa certification avec un dossier de prévision et ne documente rien pendant les mois suivants prend un risque sérieux à la surveillance.

Non-conformités fréquentes sur l’indicateur 19

Une non-conformité mineure est caractérisée par un défaut ponctuel et non répétitif dans les ressources et les moyens mis à disposition : un support manquant pour une session spécifique, une modalité d’accès mal expliquée à un apprenant, un tutoriel absent sur une formation qui en aurait eu besoin.

Une non-conformité majeure survient lorsque le défaut est répétitif ou systémique : absence régulière de ressources pédagogiques dans les sessions auditées, impossibilité de démontrer que les bénéficiaires ont eu accès aux supports, aucune disposition documentée pour faciliter l’appropriation.

Les situations les plus fréquemment signalées sont : des supports génériques non adaptés aux objectifs de la formation concernée, l’absence de toute traçabilité d’accompagnement pédagogique pour les formations à distance, et des ressources pour les CBC qui se limitent aux comptes-rendus d’entretiens sans aucun outil d’exploration professionnelle documenté.

Comment un logiciel de gestion structure les preuves de l’I19

Constituer les preuves de l’I19 au fil de l’eau est plus simple qu’il n’y paraît, à condition que votre organisation documentaire le permette. Le problème, pour beaucoup d’OF, n’est pas l’absence de ressources ou d’accompagnement, c’est l’absence de traçabilité de ce qui existe déjà.

Un logiciel de gestion d’OF comme Fresh Management centralise les documents pédagogiques rattachés à chaque session, conserve l’historique des échanges avec les apprenants et permet d’exporter les données de suivi pour chaque formation. Les questionnaires de satisfaction intégrés à la plateforme constituent, une fois renseignés, des preuves directes d’appropriation mobilisables le jour de l’audit.

Le résultat est un dossier I19 qui se constitue naturellement dans le cours de vos activités, sans reconstitution en urgence avant chaque audit.

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FAQ

Quelles ressources pédagogiques sont attendues pour l’indicateur 19 Qualiopi ?

Le guide de lecture Qualiopi mentionne : supports de cours et d’explicitation des compétences, vidéos, fiches pratiques, outils d’exploration du monde du travail, liste des ressources documentaires en lien avec les domaines ciblés. Pour les bilans de compétences, des ressources spécifiques sont attendues : espace documentaire, données socio-économiques relatives au projet professionnel et modalités d’appui à l’exploration des hypothèses d’évolution professionnelle. Ce qui compte n’est pas le volume mais la cohérence des ressources avec les objectifs de chaque prestation.

Faut-il dater les supports pédagogiques pour Qualiopi ?

Ce n’est plus une obligation explicite depuis la version 8 du guide de lecture Qualiopi, qui a supprimé la notion d'”actualisée” du niveau attendu. En pratique, dater vos supports reste une bonne pratique : cela montre votre souci de maintenir des ressources pertinentes et facilite la vérification de leur cohérence avec vos programmes. Ce n’est pas un critère éliminatoire, mais c’est un signal positif pour l’auditeur.

Comment prouver l’appropriation des ressources par les apprenants ?

Plusieurs types de preuves sont mobilisables : tutoriels ou guides de prise en main remis aux apprenants, échanges pédagogiques tracés (forum LMS, emails de suivi, annotations), questions sur la qualité des supports dans les questionnaires de satisfaction, et pour le présentiel, mention d’une séquence de prise en main dans le déroulé pédagogique. L’auditeur cherche des preuves que vous avez activement facilité l’utilisation des ressources, pas seulement que vous les avez mises à disposition.

L’indicateur 19 s’applique-t-il aux formations entièrement à distance ?

Oui, avec des exigences supplémentaires. Pour les formations en tout ou partie à distance, l’article D.6313-3-1 du Code du travail impose une assistance technique et pédagogique appropriée. Cela implique une procédure d’assistance documentée et une traçabilité de l’accompagnement pédagogique à distance : échanges sur forum, emails de suivi, messages via la plateforme. Ces traces doivent être conservées et présentables à l’auditeur.

Qu’est-ce qu’un nouveau entrant doit fournir pour l’I19 lors de l’audit initial ?

Le guide de lecture Qualiopi prévoit un régime spécifique : le nouveau entrant doit démontrer que les ressources sont prévues et que des dispositions seront mises en place pour permettre l’appropriation. Il n’est pas exigé de preuves d’utilisation réelle lors de l’audit initial. En revanche, la mise en oeuvre sera vérifiée lors de l’audit de surveillance. Il est donc important de documenter dès les premières sessions les preuves d’accès et d’appropriation qui seront demandées à cette occasion.

Que se passe-t-il en cas de non-conformité sur l’indicateur 19 ?

Une non-conformité mineure, caractérisée par un défaut ponctuel et non répétitif, donne lieu à un plan d’action correctif dans le délai fixé par l’organisme certificateur. Une non-conformité majeure, constatée en cas de défaut répétitif ou d’absence systémique de ressources ou de dispositions d’appropriation, peut remettre en cause l’obtention ou le renouvellement de la certification Qualiopi.

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