Indicateur 25 Qualiopi : veille pédagogique et technologique, les trois temps à documenter
Des trois indicateurs de veille du Référentiel National Qualité, l’indicateur 25 Qualiopi est celui que les OF abordent avec le plus d’incertitude. La veille légale (I23) et la veille métiers (I24) ont des périmètres relativement balisés. La veille pédagogique et technologique, elle, porte sur un champ en mouvement permanent : nouvelles méthodes d’apprentissage, outils numériques, intelligence artificielle, réalité virtuelle. Face à cette évolution continue, beaucoup d’OF font de la veille sans le savoir, mais ne la documentent pas. D’autres la documentent, mais s’arrêtent à la première des trois exigences que pose le guide de lecture Qualiopi sur cet indicateur.
Ce que dit le guide de lecture Qualiopi sur l’indicateur 25
L’énoncé officiel et le niveau attendu : trois temps, pas deux
L’énoncé de l’I25 est le suivant : “Le prestataire réalise une veille sur les innovations pédagogiques et technologiques permettant une évolution de ses prestations et en exploite les enseignements.”
Vous souhaitez voir Fresh Management en action ?
En apparence, la formulation est proche de l’I24. En pratique, le niveau attendu du guide de lecture ajoute une exigence supplémentaire absente de l’I24 : démontrer “l’analyse d’opportunité et de faisabilité sur la mise en oeuvre des innovations pédagogiques et technologiques”.
L’I25 se structure donc en trois temps distincts. Surveiller les innovations (existence d’une veille documentée). Analyser leur intérêt et leur faisabilité pour votre OF (une étape intermédiaire que l’I24 ne contient pas). Intégrer celles qui sont pertinentes dans vos prestations, vos modalités ou vos outils, ou documenter les raisons pour lesquelles vous ne les avez pas retenues.
Ce qui distingue l’I25 de l’I24
La différence n’est pas seulement thématique (métiers vs pédagogie). Elle est structurelle. L’I24 demande de réaliser une veille et d’en exploiter les enseignements. L’I25 demande en plus de démontrer que vous avez évalué les innovations repérées avant de décider de leur sort. Cette analyse d’opportunité et de faisabilité est le temps intermédiaire entre la collecte d’information et la décision d’agir ou non.
C’est une nuance importante pour la constitution du dossier : sur l’I25, une innovation que vous avez évaluée et délibérément écartée est une preuve valide, à condition que l’analyse soit documentée.
Un indicateur commun à toutes les catégories d’actions
Comme l’ensemble des indicateurs du critère 6, l’I25 s’applique aux actions de formation continue, aux bilans de compétences, à la VAE et aux CFA. Le périmètre de la veille varie selon la nature de vos prestations, mais l’obligation de surveiller, analyser et exploiter (ou rejeter) s’impose à toutes les catégories.
Les deux périmètres de la veille : pédagogique et technologique
La veille pédagogique : méthodes, approches, ingénierie
Le périmètre pédagogique couvre les évolutions dans les approches d’apprentissage, les méthodes d’enseignement et l’ingénierie de formation. Concrètement, cela inclut les travaux sur la neuropédagogie et les mécanismes d’ancrage mémoriel, les approches comme la classe inversée, le microlearning, l’AFEST (action de formation en situation de travail), le social learning, les nouvelles modalités d’évaluation formative, ou encore les recherches sur l’engagement apprenant.
Ce périmètre est directement lié à votre coeur de métier. Un OF qui forme des adultes en présentiel a autant d’obligations de veille pédagogique qu’un OF 100% digital : les méthodes évoluent indépendamment des outils.
La veille technologique : outils, plateformes, usages numériques
Le périmètre technologique couvre les outils et plateformes qui peuvent enrichir ou transformer vos modalités de formation. Les LMS et leurs évolutions fonctionnelles, les outils de classe virtuelle, l’intelligence artificielle générative appliquée à la création de contenu ou à la personnalisation des parcours, les outils d’évaluation adaptatifs, et selon votre secteur la réalité virtuelle ou augmentée pour les formations techniques.
Ce périmètre n’exige pas que vous adoptiez chaque outil qui émerge sur le marché. Il exige que vous les regardiez, que vous évaluiez leur pertinence pour vos prestations, et que vous documentiez votre réflexion.
Surveiller : les sources et les preuves d’existence
Sources documentaires et abonnements
Le guide de lecture Qualiopi mentionne les abonnements à des revues professionnelles et la veille sur les innovations pédagogiques et technologiques comme preuves recevables. Pour ce périmètre, les sources pertinentes incluent des publications spécialisées comme Inffo Formation ou le Monde de la Formation, des newsletters de réseaux spécialisés en ingénierie pédagogique, les bilans annuels publiés par des acteurs comme le CESI ou le Cereq sur les pratiques de formation, et les alertes sectorielles sur les outils EdTech.
Un abonnement actif, accompagné d’une trace de consultation régulière (impression d’articles, export de newsletters annotées), constitue une preuve simple à constituer et à conserver.
Événements et réseaux professionnels
Les salons et conférences spécialisés offrent à la fois une source de veille et une preuve documentable. Learning Technologies France rassemble chaque année plus de 350 exposants et 16 000 visiteurs professionnels à Paris Expo Porte de Versailles : c’est le rendez-vous de référence pour la veille sur le digital learning en France. Innovative Learning (anciennement eLearning Expo) se tient annuellement à Paris Expo Porte de Versailles et réunit quelque 250 exposants autour de la formation professionnelle et du digital learning.
La preuve d’une participation se documente facilement : badge d’entrée, programme de l’événement, notes personnelles ou compte-rendu de visite. Ce dernier point est important : un badge seul montre que vous étiez présent, pas que vous avez intégré ce que vous y avez appris.
Pour les réseaux professionnels, les adhésions à des fédérations comme la Fédération de la Formation Professionnelle (FFP) ou à des groupes de pratique pédagogique sont recevables. Ici aussi, une trace d’activité au sein du réseau (compte-rendu de réunion, participation à un groupe de travail) renforce la preuve.
Analyser : l’étape que personne ne documente
Ce que le guide de lecture exige sur ce point
C’est la spécificité structurelle de l’I25 par rapport aux deux autres indicateurs de veille. Le niveau attendu du guide de lecture Qualiopi précise explicitement : “analyse d’opportunité et de faisabilité sur la mise en oeuvre des innovations pédagogiques et technologiques.”
Cette exigence traduit une attente réaliste du référentiel : un OF n’est pas tenu d’adopter chaque innovation qui émerge dans son domaine. Il est tenu de se poser la question. L’analyse d’opportunité répond à “est-ce que cette innovation apporterait quelque chose à mes prestations ?”. L’analyse de faisabilité répond à “est-ce que je peux la mettre en oeuvre au regard de mes ressources, de mon public et de mon modèle opérationnel ?”.
Documenter un rejet motivé vaut autant qu’une adoption
C’est le point que personne n’explique, et qui change pourtant la façon de préparer le dossier. Si vous avez repéré une innovation (disons l’utilisation de la réalité virtuelle pour des formations en sécurité au travail), que vous l’avez évaluée, et que vous avez conclu qu’elle n’était pas adaptée à votre public ou à votre capacité d’investissement, cette analyse documentée est une preuve conforme à l’I25.
Un dossier qui montre uniquement les innovations adoptées peut sembler incomplet si l’auditeur a l’impression que la veille ne couvre qu’un périmètre étroit. Un dossier qui montre des innovations évaluées, certaines retenues, d’autres écartées avec justification, témoigne d’une démarche réflexive et continue. C’est exactement ce que le guide de lecture cible.
Format minimal d’une analyse d’opportunité
Pas besoin d’un rapport de plusieurs pages. Un tableau avec cinq colonnes suffit : la date, le nom de l’innovation ou de l’outil repéré, la source, votre analyse en deux ou trois phrases (intérêt pour vos formations, faisabilité au regard de vos ressources), et la décision (à tester, retenu, écarté avec motif).
Ce tableau, mis à jour au fil des observations, constitue à la fois la preuve de veille et la preuve d’analyse. C’est la pièce centrale du dossier I25.
Exploiter : les preuves d’intégration dans les prestations
Évolutions de modalités pédagogiques tracées
Quand une innovation est retenue à l’issue de l’analyse, la preuve d’exploitation suit la même logique que pour l’I24 : un programme de formation révisé avec une note de justification datée, un support mis à jour, une nouvelle modalité introduite (classe virtuelle, quiz adaptatif, module de microlearning) avec la trace de la décision qui l’a précédée.
La chronologie compte. Une entrée dans votre tableau d’analyse datée du mois de mars, suivie d’une modification de programme datée du mois de mai, constitue une boucle fermée convaincante. C’est cette traçabilité dans le temps que l’auditeur cherche à établir.
Diffusion interne et formation des formateurs
L’exploitation des résultats de la veille inclut aussi la diffusion interne. Si vous avez identifié une nouvelle approche pédagogique pertinente pour vos formateurs, la trace de sa diffusion (email d’équipe, réunion de briefing, formation interne) est une preuve supplémentaire que la veille irrigue réellement votre pratique et pas seulement votre dossier.
Pour les OF qui font appel à des formateurs indépendants, cette diffusion prend la forme d’un brief pédagogique partagé avant les sessions, d’un espace documentaire commun ou d’un échange tracé sur les nouvelles pratiques à intégrer.
Non-conformités fréquentes sur l’indicateur 25
Une non-conformité mineure est constatée lorsque le défaut est ponctuel et non répétitif : une période sans mise à jour du registre de veille, une source peu pertinente par rapport aux innovations réelles du secteur pédagogique, ou une absence de diffusion interne sur une année donnée.
Une non-conformité majeure survient lorsque le défaut est systémique : absence totale de dispositif de veille sur les innovations pédagogiques et technologiques, impossibilité de démontrer qu’une seule innovation a été évaluée ou intégrée depuis la dernière certification, ou dossier limité à des sources génériques sans lien avec les modalités de formation effectivement pratiquées par l’OF.
Une situation particulièrement fréquente génère des remarques sans être une non-conformité formelle : un registre de veille bien alimenté en sources, mais sans aucune trace d’analyse ni d’exploitation. L’auditeur signale alors l’absence du deuxième et troisième temps de l’obligation, même si le premier est satisfait.
Comment un logiciel de gestion structure les preuves de l’I25
Constituer les preuves des trois temps de l’I25 (surveiller, analyser, exploiter) suppose que ces trois activités soient tracées dans un même espace documentaire. Quand elles vivent dans des outils séparés (un tableur pour la veille, un autre pour les programmes, les emails pour la diffusion interne), la reconstitution avant chaque audit devient un travail en soi.
Un logiciel de gestion d’OF comme Fresh Management centralise les programmes de formation et leurs historiques de modification : chaque révision est datée et justifiable. Les documents pédagogiques rattachés à chaque session permettent de relier les évolutions de supports à leur origine dans la veille. Le dossier de veille peut être structuré dans le même espace, produisant naturellement la boucle surveiller-analyser-exploiter que l’auditeur cherche à vérifier.
Pour voir comment Fresh Management organise la conformité documentaire liée à Qualiopi, réservez une démonstration.
FAQ
Quelles preuves fournir pour l’indicateur 25 Qualiopi ?
Les preuves couvrent les trois temps de l’obligation. Pour la veille : un registre ou tableau de veille daté, des abonnements à des publications spécialisées, des justificatifs de participation à des salons ou événements (Learning Technologies, Innovative Learning). Pour l’analyse : un tableau d’opportunité et de faisabilité pour chaque innovation repérée, qu’elle ait été retenue ou non. Pour l’exploitation : des programmes ou supports mis à jour avec une note de justification datée, des comptes-rendus de diffusion interne des résultats de la veille.
Quelle différence entre l’indicateur 24 et l’indicateur 25 Qualiopi ?
Les deux indicateurs partagent la même structure (veille + exploitation) mais portent sur des périmètres différents. L’I24 porte sur les évolutions des métiers, des compétences et des emplois dans vos secteurs d’intervention. L’I25 porte sur les innovations pédagogiques et technologiques susceptibles d’enrichir vos modalités de formation. L’I25 ajoute un troisième temps absent de l’I24 : l’analyse d’opportunité et de faisabilité avant toute décision d’intégration.
Faut-il adopter toutes les innovations repérées pour être conforme à l’I25 ?
Non. Le guide de lecture Qualiopi exige une analyse d’opportunité et de faisabilité, pas une adoption systématique. Une innovation évaluée et délibérément écartée, avec une justification documentée (coût disproportionné, inadaptation au public, faisabilité technique insuffisante), est une preuve valide de conformité à l’I25. Ce qui serait problématique, c’est de n’avoir aucune trace d’évaluation : ni adoption, ni rejet motivé.
Quelles innovations pédagogiques surveiller pour satisfaire l’I25 ?
Le guide de lecture Qualiopi ne prescrit pas de liste. La veille doit porter sur les innovations directement applicables à vos prestations. Pour un OF généraliste : les évolutions des approches d’apprentissage (microlearning, classe inversée, AFEST, évaluation formative), les outils numériques (LMS, classes virtuelles, IA générative appliquée à la formation), et les résultats de recherche en sciences de l’éducation. La pertinence par rapport à vos modalités réelles prime sur le volume de sources surveillées.
Un OF qui n’utilise pas de LMS peut-il être conforme à l’indicateur 25 ?
Oui. L’I25 n’exige pas l’utilisation d’outils numériques spécifiques. Il exige que vous ayez évalué les innovations technologiques disponibles et documenté votre réflexion. Un OF en présentiel pur qui a analysé l’apport potentiel d’un LMS pour ses formations, conclu que le rapport coût-bénéfice n’était pas favorable à son modèle, et consigné cette analyse est conforme à l’I25. Ce qui serait problématique, c’est de n’avoir aucune trace de réflexion sur les outils numériques disponibles.
Que se passe-t-il si la veille technologique n’est pas exploitée ?
Si la veille existe mais qu’aucune trace d’analyse ni d’exploitation n’est présentable, l’auditeur signale l’absence des deuxième et troisième temps de l’obligation. Selon le caractère ponctuel ou systémique du défaut, cela se traduit par une non-conformité mineure (plan d’action correctif) ou majeure. Un registre bien alimenté sans aucune décision documentée (adoption ou rejet motivé) est un dossier incomplet au regard du niveau attendu du guide de lecture Qualiopi.
Faites en 3 clics ce qui vous prenait 3 heures.
Fresh Management centralise votre gestion administrative, commerciale, financière et Qualiopi en une seule plateforme, pour que vous puissiez vous concentrer sur ce qui compte vraiment.
Des centaines d'organismes de formation nous font confiance
Réservez votre démo →
